La renaturation des fossés

La renaturation, c’est l’ensemble des mesures et travaux entrepris pour améliorer la qualité écologique, dans le but de mettre fin aux dégradations et de rendre à nouveau un certain nombre de services. Elle vise à rendre un aspect se rapprochant de l’état naturel, afin de retrouver une biodiversité locale et adaptée. Un aménagement doit s’écarter le moins possible de l’état d’équilibre entre hydraulique et biodiversité, entre écoulement et érosion... être le plus riche (le moins uniforme) possible, sous peine d’accroître les risques d’érosion de berges et d’appauvrir la faune et la flore.

 

Pourquoi un fossé fonctionnel ?

Dans la majorité des cas, les interventions sur les fossés ont pour but premier d'améliorer l'écoulement de eau. Malheureusement, c'est la solution de "facilité" (avec un résultat immédiat), qui est trop souvent choisie : le curage. En effet, si cet aménagement permet à court terme de désobstruer le lit, il provoque à moyen terme l'instabilité des berges par érosion, le dépôt de sédiments, l'exhaussement du fond du lit engendrant obstruction, problèmes d'écoulement, un nouveau curage etc. dans un cycle sans fin.

Un fossé fonctionnel favorise :

  • la richesse écologique. Ce sont des lieux de reproduction et de vie remarquables : insectes, oiseaux, mammifères en sont les principaux locataires.
  • la Trame verte et bleue. La végétation bordant les cours d’eau, ou ripisylve, constitue un véritable corridor où les animaux peuvent se déplacer.
  • l'épuration naturelle. Les fossés en bon état piègent et dégradent les polluants, notamment les engrais et pesticides d’origine agricole.

 

Objectif des travaux de renaturation de fossés, exemple de solutions

Pour que le fossé remplisse ses fonctions d'écoulement, il est nécessaire de rétablir la biodiversité (faune/flore), de favoriser l'autocurage naturel, la diversification du milieu, la filtration des polluants...

  • La gestion sélective de la végétation. Une absence d'entretien peut engendrer une accumulation de débris végétaux, qui eux-même retiennent d'autres déchets. La gestion sélective peut consister par exemple en la taille des bruissons, le suivi du cycle de vie des arbres bordant le fossé, l'enlèvement de certains embâcles filtrants (attention tout de même à ne pas retirer d’embâcles stabilisant qui ont un fort intérêt écologique).
    A l'inverse un "sur-
    entretien", comme vu précédemment n'est pas bon non plus. Il peut engendrer l'envahissement par des hélophytes (par eutrophisation, lessivage des engrais phosphorés et azotés, surcalibrage qui rend le débit plus faible...) et la diminution de la diversité animale. La gestion sélective peut consister ici par exemple à entretenir la ripisylve qui créé des zones d'ombre, laisser des bandes enherbées qui filtrent les engrais.
  • La diversification du profil. L'uniformisation des berges, la banalisation du lit sont dus à des travaux hydrauliques lourd et répétés. Il est nécessaire pour répondre à ce problème de rediversifier le profil de travers, le profil en long, : rétrécir le lit jusqu'à son état initial pour concentrer l'écoulement, retaluter les berges, recréer des sinuosités, des épis, des banquettes végétales, des haut-fonds, des seuils...

 

Avant de se lancer dans des travaux de renaturation...

pensez à sensibiliser les riverains à l'utilité de l'aménagement. En effet il est nécessaire de faire changer les mentalités, parfois très opposées. Si dans la majeure partie des cas l'entretien du fossé est suivi, de nombreuses zones renaturée ont subi des dégradations de la part de personnes réticentes.